Shaking Hands with Death
- HELLO.
Ou comment commencer un article par une référence. Article où l’on parle de mort, d’euthanasie, de dieux au pluriel, de références, de blagues anglaises et de fantasy.
Article un peu spécial aujourd’hui, en ce qu’il sera à la fois léger et sérieux. Le sujet m’est doublement cher, et vous comprendrez vite pourquoi.
Le titre de cet article, évocateur s’il en est, fait référence à une récente intervention de Sir Terry Pratchett à la Richard Dimbleby Lecture le 1er février dernier. Et avant d’entrer dans le vif du sujet, un peu de culture.
La Richard Dimbleby Lecture, c’est une conférence qui s’organise chaque année en la mémoire de Richard Dimbleby (surprise), un présentateur de la BBC qui a participé à la naissance de la chaîne et à la construction de sa renommée et qui, chaque année, fait intervenir un conférencier sur une question de société. Et c’est pas du tout Wikipédia qui me l’a dit.
A priori, on s’en tamponne le coquillard avec une force toute relative. Oui mais ! Oui mais si vous avez été attentif dès le début, vous aurez noté que l’intervenant de cette année était ni plus ni moins que Sir Terry Pratchett himself. Bien que vous méritiez mille morts si vous ne le connaissez pas encore, aujourd’hui je suis rédemption et pardon, alors je vous prépare pour très bientôt (donc, au rythme ou je publie, d’ici 4 ou 5 mois…just kiddin’) un second article sur ce Grand Monsieur à la barbe grisonnante, au regard malicieux et aux chapeaux rigolos qui a autant d’effet sur moi que Robert Pattinson sur les Twilight Moms (l’excitation sexuelle en moins, je vous rassure).
L‘intervention de cette année concerne un sujet de société qui touche à peu près tout le monde aujourd’hui: l’euthanasie. C’est un sujet extrêmement sensible en Angleterre, sujet qui divise encore aujourd’hui la population. Elle reste actuellement sévèrement prohibée en Angleterre, de même qu’en France, où (si je ne me trompe) elle est toujours assimilée à un homicide. Le médecin peut se contenter d’arrêter le traitement, ou de donner des médicaments ayant pour effets secondaires la mort dans le cas de patients atteints de maladies incurables et en phase terminale. En Belgique par contre, l’euthanasie est légalement autorisée et très encadrée. J’ai presque l’envie de nous congratuler pour ça.
Mais, allez-vous me dire le visage empreint d’un scepticisme certain, qu’est-ce que Terry Pratchett, romancier, peut bien avoir à faire là-dedans ? Et bien je dirais qu’il est personnellement concerné: en 2007, il a révélé via communiqué être atteint d’une forme d’atrophie corticale postérieure, variante rare de la maladie d’Alzheimer. Il conserve toute sa conscience et sa son esprit, tandis que ses fonctions motrices sont affectées, son orthographe, sa capacité à lire, de même que sa vue qui lui joue des tours. Il continue aujourd’hui d’écrire, à un rythme toujours très soutenu, simplement en dictant le texte. Il est en tout cas depuis très impliqué dans le combat contre la maladie, soit par le biais de dons, soit en faisant profiter la cause de sa notoriété. Dans son discours Shaking Hands with Death, et avec l’humour so british qu’on lui connait, il dresse en quelque sorte un plaidoyer en faveur de l’euthanasie, proposant une sorte de tribunal qui serait chargé de traiter les demandes d’euthanasie. Cela me fait inévitablement penser à la Commission de contrôle que nous avons en Belgique, chargée de contrôler si les euthanasies pratiquées en Belgique l’ont été en dans le respect des conditions posées par la loi.
Tant pour le fond que pour la forme, ce discours vaut la peine d’être entendu. Avec la dérision et l’humour qu’on lui connaît, Terry Pratchett aborde un sujet grave et sérieux qui le concerne au plus haut point, puisque finalement, il espère bel et bien pouvoir décider lui même quand il mourra, avant que la maladie ne s’aggrave et le transforme en légume.
Je signalerai juste pour les anglophobes que j’ai entrepris une traduction intégrale de la conférence. Comme elle fait pratiquement une heure, ça prend du temps, donc je la mettrai en ligne dès que j’en aurai fini. C’est sans prétention, juste dans le but que ce texte soit diffusé le plus possible, parce qu’il m’a touché et qu’il nous concerne tous. Vous pouvez trouver en attendant une transcription partielle en anglais du discours sur le site du Guardian. Maintenant, assez parlé, place aux vidéos et à Sir Terry Pratchett.
Voilà, la vidéo est en 6 parties, les autres sont facilement trouvables sur Youtube dans les related. Ne vous laissez pas décourager par l’anglais et la longueur du discours: c’est à la fois drôle, touchant, intéressant et instructif.
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